Le premier commissaire à la réindustrialisation installé dans l’Oise

Source : Les Echos.fr - 3 avril 2009

Claude Trink devra s’atteler en priorité au dossier Continental. Un autre commissaire pourrait être prochainement nommé dans les Deux-Sèvres, pour le suivi du cas Heuliez.

DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL À BEAUVAIS.

A peine une semaine après l’intervention de Nicolas Sarkozy à Saint-Quentin, Claude Trink, premier commissaire à la réindustrialisation, a été officiellement installé hier à Beauvais dans l’Oise - en attendant qu’un second, sans doute dans les Deux-Sèvres soit annoncé prochainement. Luc Chatel, secrétaire d’Etat à l’Industrie et à la Consommation avait fait le déplacement pour présenter le dispositif aux élus de la région et aux représentants du tissu économique local. Il est vrai que du fait des menaces qui pèsent sur le site tout proche de l’usine Continental, l’installation de Claude Trink relève du symbole. Et même si le nouveau commissaire tient à rappeler en aparté que « les problèmes de l’Oise ne se résument pas à ceux de Continental », ce dossier reste de fait prioritaire pour le gouvernement.

Trois piliers

Luc Chatel a profité de l’occasion pour répondre à Ségolène Royal. Pour « les restructurations industrielles [...] , on a vraiment besoin d’une union sacrée, on n’a pas besoin de démagogie, on n’a pas besoin de fuite en avant » , a-t-il lancé à l’adresse de la responsable socialiste, qui avait affirmé la veille au sujet d’Arcelor-Mittal à Gandrange, de Caterpillar en Isère et d’Heuliez (Deux-Sèvres) : « Avec moi, ces entreprises seraient sauvées. » Pour Luc Chatel, la politique du gouvernement en matière de réindustrialisation repose sur trois piliers : l’anticipation, l’accompagnement et la revitalisation des régions. Les commissaires à la réindustrialisation, qui pourraient être in fine une dizaine, ont leur place dans le troisième de ces piliers. Ils seront « placés auprès des préfets pour coordonner l’action des services de l’Etat sur le terrain » . Mais, a tenu à préciser Luc Chatel, il n’y a pas de profil type pour ces nouveaux acteurs. Leur choix sera fait en fonction des spécificités de chaque territoire.

Moyens à définir

Quels seront les moyens et les pouvoirs de ces commissaires ? Pour l’heure, les choses restent floues. « Il s’agit d’un nouveau métier, il faut donc trouver la meilleure organisation possible » , reconnaît Claude Trink, qui de fait ne sait pas encore s’il va s’installer à Beauvais ou s’il restera parisien. De même, s’il pourra s’appuyer sur les 100 millions d’euros promis par le gouvernement, « il n’y a pas d’enveloppe financière spécifique à l’Oise ».

CLAUDE FOUQUET

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