Continental : Protection rapprochée
…Ceci n’est pas une fiction mais l’article ci-dessous relate des faits réels.
Certes nous pouvons comprendre que la Direction craigne pour sa sécurité, craigne de recevoir encore quelques œufs sur le crâne ou même craigne de nouveau de recevoir une bouteille comme ça l’a été le 16 mars lors de la réunion de Reims…..mais ces craintes justifient-elles le déploiement de tous ces gardes du corps et de ces véhicules ???? A l’heure où l’on nous confirme une crise économique, un marché au ralenti, des plans sociaux à gogo, est ce bien raisonnable de dépenser autant d’argent dans une mission de sécurité telle que celle confiée par la direction de Continental à une société parisienne habituée à assurer la protection de hauts politiques ???
Bien avant le 11 mars, cette société de protection était déjà venue sur le site, histoire de reconnaître les lieux, d’identifier les issues possibles, d’imaginer différents scenaris…prête à intervenir !!! Seul détail manquant : la date !!! « …peut être mars ou bien avril mais tenez vous prêts à tout moment » leur avait demandé la direction de Continental.
Depuis le début de cette histoire la direction de Clairoix est bien entourée, aucun mouvement, aucun déplacement sans cette garde rapprochée… Des hommes vêtus de costumes sombres, oreillettes branchées en permanence, lunettes noires, à l’accent slave sortent de tous les coins. Ils sont partout !!! Ils suivent la direction dans tous ses déplacements 24H sur 24….
La Direction, en mandatant une telle société, se doutait que la terrible annonce du 11 mars lui vaudrait quelques tracas. Est-ce que Continental avait imaginé que les salariés et ses représentants utiliseraient leur droit de réponse ? Réponse au commando envoyé sur le site par la direction une nuit de 1994 pour déloger les centaines de personnes bloquant l’usine depuis 3 semaines ??? La direction aurait elle pensé que des travailleurs puissent utiliser de tels moyens pour arriver à leurs fins ??? C’est bien mal les connaître ces salariés, qui se refusent à toute violence organisée et préméditée… Même si quelques écarts pouvant être compris par chaque individu doté d’une sensibilité certaine, sont à déplorer, ils restent minimes et ne caractérisent en aucun cas l’état d’esprit des salariés de Clairoix.
Que la Direction ait peur, nous pouvons l’admettre (… auraient-ils des sentiments ???Pour quoi ? Pour qui ? ) , mais que la direction missionne cette société pour suivre pas à pas les élus lors de déplacements en dehors du site , ça nous ne pouvons le comprendre et le cautionner. Les élus n’ont pas peur de la colère et du désarroi de leurs collègues, ils sont unis dans le même « combat » que les 1120 salariés prochainement privés d’emploi par cette même direction.
Pourquoi lors du fameux CCE de Nice, ces gros bras musclés ont-ils chaperonnés les 5 élus Continental, dès leur arrivée à l’hôtel Campanile jusqu’à leur retour à l’aéroport le lendemain ? Est-ce réellement pour assurer leur sécurité (mais étaient-ils en quelconque danger ?) ou bien pour épier leurs faits et gestes afin de faire un compte rendu détaillé à leurs commanditaires ? ou bien pour anticiper une quelconque réaction non écrite dans le scénario de ce plan machiavélique ?
Pouvons-nous parler d’atteinte aux libertés ? Comment cela est-il possible dans le pays de Victor Hugo, lui qui était au coeur du débat d’idées, qui oeuvrait pour la liberté et l’égalité.
Ces gardes du corps eux aussi délocalisés pour deux jours à Nice, prenaient leur rôle très au sérieux, « Le soir, nous voulions nous changer les idées, nous confie un des membres de cette délégation, et aller boire un dernier verre en ville, loin de toute cette action. Nos 3 gardes du corps nous ont donc accompagnés en ville, à bord de deux véhicules. Nous pensions marcher un instant seuls dans les rues de Nice, aller boire un verre entre nous et rentrer à notre hôtel. Mais non, ce n’était pas comme ça dans le scénario !!! La mission précisait de ne pas nous « lâcher d’une semelle « Au moment où nous avons voulu rentrer dans un bar, un des costauds nous a précédé pour s’assurer qu’il n’y avait rien de « dangereux » à l’intérieur. Bien sûr nous avons réagi face à ces comportements étranges et inappropriés, mais la réponse qui nous a été donnée fut C’est le protocole qui veut cela ! » Nous pensions tous les 5 être propulsés dans l’action d’un thriller mais non ce n’était pas une fiction mais bien la réalité ! »
Quels autres scenaris vont-ils écrire ? Où vont-ils nous conduire ?



