Compiègne Record pulvérisé, solidarité avec Continental !
Cercueil noir, cornemuse et feux de pneus pour enterrer les 1 120 emplois de Continental. Compiègne a été submergé, jeudi, par la colère des salariés, tous secteurs confondus, encore groggy par la casse annoncée par l’équipementier automobile sur son site de Clairoix. Ce bastion de la droite libérale a pulvérisé son record personnel, que l’on croyait pourtant atteint lors de la manifestation de janvier (plus de 5 000 personnes). Jeudi, Compiègne a quasiment triplé la mise :
- entre 12 000 (selon la police) et 17 000 personnes (selon les organisateurs) ont défilé jusque sous les fenêtres de la mairie. Les Continental étaient en tête, symboles, malgré eux, de la colère des salariés « face à ces entreprises qui font des bénéfices et qui vous foutent dehors du jour au lendemain ». S’il fallait retenir un message de la matinée, c’est celui porté par les Continental sans complexe : ils n’accepteront pas « d’être trahis une seconde fois » par leurs élus, « après avoir été trahis par leur patron ».
Les Continental veulent rencontrer Nicolas Sarkozy
À l’heure où les salariés du privé « croient de moins en moins à la classe politique » pour contrer les stratégies des grands groupes industriels, les fondés de pouvoir du sénateur-maire UMP Philippe Marini ont été mis à contribution. Reçue en mairie, une délégation des Continental a fait passer un message à Robert Ternacle, premier vice-président de l’Agglomération de la région de Compiègne et Michel Foubert, premier adjoint à Compiègne :
Ils veulent être reçus mercredi 25 mars, à l’Élysée par Nicolas Sarkozy.
« Continental s’est servi de ses lois -les 40 heures et la loi TEPA (NDLR, paquet fiscal)- pour nous trahir. Lui aussi doit se sentir trahi, tempête le délégué syndical CGT, Xavier Mathieu. Que Nicolas Sarkozy fasse suspendre le plan social, parce qu’à partir du moment où le plan social est lancé, on entre à l’abattoir ! » Les Continental ne réclament pas seulement le gel du PSE (plan de sauvegarde de l’emploi) qui doit débuter le 31 mars. Ils « exigent » aussi une négociation tripartite entre la direction, les salariés et le gouvernement ainsi que le maintien des contrats de travail jusqu’en 2012. Leur objectif ? « Aucun salarié ne doit aller pointer à l’ANPE ».
Les élus ont promis de « transmettre rapidement » la motion des Continental destinée à l’Élysée. « Vous pouvez compter sur nous. Il y a certainement un processus qui permette de durer, leur a assuré Michel Foubert Réponse lapidaire de Xavier Mathieu : « Depuis des mois, on entend les élus dire qu’ils vont nous aider. Là, on a besoin que vous fassiez geler le plan social » Et le délégué syndical de lâcher :
« Les Continental demandent à être reçus par le Président et le Premier ministre le 25 mars. Vous pouvez leur dire qu’on a du monde et des caméras derrière nous. Ces gens-là, y’a que ça qui les intéresse ». Un écho lui a répondu, celui de la clameur de la foule, au dehors.
L. GALDEANO, COURRIER PICARD
RDV pour les CONTI Mercredi 25 mars devant l’usine entre 6h et 8h.



